C’est moi, et tu m’encules.
Tu es Blanc, je suis Chinois.
Autrefois, j’avais honte d’être enculé par un Blanc,
comme si d’avoir une queue blanche en moi...
faisait de moi une bonniche.
Maintenant, je suis fier d’être enculé,
comme je suis fier d’être gay.
Je suis fort, et j’aime être enculé par un Blanc.
Je suis fort, et j’adore être enculé par toi.

C’est toi, et tu m’encules.
Tu es séropositif, je suis séronégatif.
Ce condom ne me protège pas de la peur.
Non pas de la peur du virus, mais de te perdre,
comme on finit toujours par perdre son amant.
J’ai peur, mais cet amour me donne du courage.
Le prix à payer est grand,
mais tu me rends extrêmement riche.

C’est toi, et je t’encule.
Autrefois, j’étais un garçon, trop jeune pour enculer un homme comme toi.
Aujourd’hui, ma virilité émerge de l’avant,
et j’enfonce mon membre en toi profondément.
Je veux te faire fondre,
et je plonge dans la tendre fragilité de ton anus.
Je veux te faire jouir de tout ton intérieur.
Je t’encule, toi l’homme que j’aime.

Merci, Peter.
Merci, de me faire confiance.
Merci, de m’aimer.

Traduction: Michel Jacques