On avait environ douze ans, ça s’est passé devant les portes oranges à l’école primaire, et puis on est partis en courant.
On s’est donné rendez-vous derrière le préfabriqué, pour s’emballer. Dans les buissons à côté de mon école primaire.
Il avait vraiment un air un côté garçon.
On a fini par se bécoter par terre toute la soirée de mon anniversaire.
Quand j’avais douze ans, j’en pinçais pour David Suzuki.
Et c’était bizarre, parce qu’il y avait cette odeur, que j’avais toujours associée aux magasins chinois.
Ce village très rural où personne n’avait jamais vu un Blanc avant.
Et où personne ne comprenait l’anglais.
Des yeux de dragon, noirs et mystérieux.
Le corps élancé, les cheveux noir de jais.
Je les ai tous embrassés sur la joue.
Comme on le fait au Québec.
Mon premier baiser asiatique, c’était avec Mme Yee au Primaire.

J’aurais pu recevoir un baiser asiatique, mais impossible de l’approcher.
Je voulais vraiment l’embrasser, parce qu’il avait cette coiffure si sexy.
Mon premier baiser asiatique, c’était à l’armée.
Il y avait ce truc entre nous, mais qu’on taisait.
Mon premier rapport sexuel était avec un Asiatique.
C’était assez innocent en fait, sur la piste de danse.
Et ce type qui sautait, pour essayer de me toucher les lèvres.
J’étais bourré et lui suis tombé dessus.
Un goût étrange, un mélange de bière et de cigarettes, assez dégoûtant et érotique à la fois.
Un peu angoissant et excitant.
J’étais tendu, comme si j’allais merder.
Il était bourré et sa sexualité lui posait problème, et puis il est tombé dans les pommes.
Et après ça on n’en a jamais reparlé.

C’était juste une soirée pathétique pour « se bourrer la gueule ».
Il était un peu obsédé par moi, alors il s’est mis à me suivre.
Dans la Mazda RX70 de Desmond Chung.
On s’excitait de plus en plus, et une chose en amenant une autre...
On s’est regardés et on s’est embrassés.
Il m’a complètement chauffé.
Comme l’asphalte en été.
Alors c’était très intense.
Il voulait m’emballer.
On était à l’arrière de ma petite voiture.
On a fini par s’embrasser longuement, voluptueusement.
Pendant qu’on faisait l’amour, il m’a demandé si j’étais un Rice Queen.
Un Indonesien super sexy.
Et il adorait me sucer les lèvres.
C’etait intensif et excitant.
J’avais envie de le dévorer.
Heureusement personne n’est entré, parce que c’était très chaud.

Mon premier baiser asiatique c’était en rêve.
C’était très bizarre, je trouvais ça cool d’embrasser un Asiatique.
Je pensais qu’après tous ces mecs blancs, que ce serait différent.
Je n’ai pas trouvé pas ça différent des autres baisers.
C’était assez étrange en fait.
J’étais surpris par le peu de différence.
C’était une expérience bizarre.
Le baiser était décisif, ferme, et bien fait.
C’était un baiser d’au-revoir je suppose.
Le jour ou j’ai finalement embrassé un Asiatique, c’était pas très exotique.
C’était comme n’importe quel autre baiser, et à la fois complètement différent.
C’était fantastique.
Il me plaisait beaucoup.
Il était très beau, et embrassait très bien.
J’étais aux anges, que le type de mes rêves m’ait embrassé.
Apres mon premier baiser asiatique, j’ai eu des picotements sur mes lèvres.
Il ne sentait pas la boule de mite, mais il avait un goût d’homme.

Je suis rentré chez moi ce soir-là, j’étais allongé sur mon lit et j’avais cette odeur de cannelle sur les lèvres.
J’y pense comme à un truc presque onirique.
C’était très doux, très sucré.
En fait il avait une petite moustache, alors ça rendait le baiser assez amusant.
Je n’oublierai jamais mon premier baiser asiatique... c’était délicieux!
Et après avoir attendu ça un an, ça en valait la peine.
C’était l’expérience la plus sensuelle, que j’aie jamais eue.
Ma réaction à mon premier baiser asiatique était inattendue.
Un homme très sexy, très passionnel, c’était très surprenant comment j’ai réagi.
Mon premier baiser asiatique... c’était il y a dix minutes.
C’était une toute nouvelle expérience, mon premier baiser asiatique.

C’était en 1973, dans les bras de ma mère. Elle est asiatique. Et elle m’embrasse encore aujourd’hui, tous les jours.

Traduction : Théophile Aries